Teledyne Flir élargit ADGiLE, son système de surveillance autonome des émissions de gaz par imagerie optique, au-delà du pétrole et du gaz. Annoncée début novembre, la mise à jour vise désormais la détection de l’ammoniac et de l’éthylène, deux molécules très présentes dans la chimie et la pétrochimie, avec des analyses plus fines pour écarter les fausses alarmes.
- ADGiLE (Autonomous Detection of Gas Leaks and Emissions) passe de la seule surveillance du méthane à l’ammoniac et à l’éthylène.
- Caméras non refroidies pour le méthane, refroidies pour les hydrocarbures et les COV.
- L’analyse croise les séquences d’images avec le vent, l’écart de température et la pluie.
- Alertes par SMS avec lien direct vers l’incident, consultation web ou mobile.
Plan de l'article
Qu’est-ce qui change avec cette version d’ADGiLE ? #
Lancé en 2024, ADGiLE était d’abord une solution fixe de surveillance continue du méthane, pensée pour les sites pétroliers et gaziers. La nouvelle version, présentée par Hydrocarbon Processing le 2 novembre 2026, étend la détection continue et autonome à de nouveaux marchés, dont l’ammoniac et l’éthylène.
Le magazine Mesures résume l’évolution en trois volets : l’imagerie optique des gaz (OGI), une analyse plus poussée des données de détection et une interface utilisateur revue. Pour un exploitant, c’est le passage d’une caméra qui « voit » une fuite à un système qui la qualifie avant de déclencher une alerte.
Quelles caméras pour quels gaz ? #
Le système repose sur deux familles de capteurs. Les caméras infrarouges non refroidies couvrent le méthane. Elles conviennent aux installations fixes ou sur tourelle qui doivent tourner 24 heures sur 24. Les caméras refroidies, plus sensibles, élargissent le spectre aux hydrocarbures et aux composés organiques volatils (COV).
Sur sa page produit, Teledyne Flir cite deux plateformes : la GF77a, non refroidie, et la G620a, refroidie, réservée aux applications qui demandent plus de sensibilité ou une gamme de gaz plus large. L’imagerie visible et thermique peut être combinée pour surveiller le site dans son ensemble, et pas seulement le panache de gaz.
Une tourelle pour couvrir plusieurs zones
La fonction pan-tilt permet à un seul système de balayer plusieurs zones d’une unité. Pour les zones dangereuses, Hydrocarbon Processing précise que le boîtier des configurations sur tourelle est certifié ATEX. C’est un point clé pour une installation près d’un stockage d’ammoniac ou d’une ligne d’éthylène.
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Comment le système trie-t-il les vraies fuites ? #
La difficulté de l’imagerie optique des gaz en continu, c’est le bruit. Un panache de vapeur, une variation brutale de température ou une averse peuvent ressembler à une émission. ADGiLE compare les détections sur des séquences d’images successives. Il tient compte de la vitesse du vent, de l’écart de température entre le gaz et le fond, de la pluie et d’autres paramètres environnementaux.
L’objectif est de séparer les émissions réelles des fausses alarmes probables. Une alerte par SMS renvoie directement vers l’incident. L’opérateur peut alors juger à distance s’il s’agit d’une émission liée à l’exploitation, comme une purge ou une torche, ou d’une fuite fugitive à traiter. L’interface donne accès aux vues en direct, à la relecture des incidents, à l’historique et aux données d’événements sous forme graphique.
Pourquoi l’ammoniac et l’éthylène ? #
Ces deux gaz sont au cœur de chaînes industrielles majeures. L’ammoniac sert aux engrais, à la réfrigération industrielle et, de plus en plus, de vecteur pour l’hydrogène. L’éthylène est la première brique de la pétrochimie, à l’origine du polyéthylène et de nombreux intermédiaires. Les deux sont stockés et transportés en grandes quantités sur des sites où une fuite pose un risque pour la sécurité comme pour l’environnement.
Jusqu’ici, la surveillance de ces installations reposait surtout sur des détecteurs ponctuels et des tournées de contrôle avec caméra portable. Une surveillance fixe et continue par imagerie apporte une couverture de surface : elle montre où se trouve le panache, pas seulement qu’un seuil a été dépassé quelque part.
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Ce que cela implique pour l’instrumentation des sites #
Pour les équipes instrumentation, ADGiLE ne remplace pas les détecteurs fixes, qui restent liés aux systèmes de sécurité. Il s’ajoute comme une couche de supervision visuelle. Son intérêt se joue sur trois points : le choix de la caméra selon les gaz du site, l’emplacement des tourelles pour couvrir les équipements à risque, et l’intégration des alertes dans les procédures existantes.
Craig O’Neill, directeur mondial de la stratégie produit et marché pour l’imagerie optique des gaz chez Teledyne Flir, parle dans le communiqué repris par Hydrocarbon Processing d’« une évolution importante » de la technologie de surveillance automatisée des émissions du groupe. Reste à voir les performances de détection publiées pour chaque gaz : ni Mesures ni le communiqué ne donnent de seuils chiffrés pour l’ammoniac et l’éthylène.
Questions fréquentes #
ADGiLE détecte-t-il l’ammoniac avec une caméra non refroidie ?
Les sources ne le précisent pas. Les caméras non refroidies sont annoncées pour le méthane, les refroidies pour les hydrocarbures et les COV.
Le système fonctionne-t-il en zone ATEX ?
Oui, le boîtier des configurations sur tourelle est certifié ATEX selon Hydrocarbon Processing.
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Comment l’opérateur est-il prévenu ?
Par une alerte SMS qui renvoie vers l’incident, consultable sur le web ou sur mobile.




