L’échéance approche pour les exploitants d’eau potable. Avant le 12 juillet 2027, chaque responsable de la production ou de la distribution d’eau doit avoir adopté le volet « captage » de son plan de gestion de la sécurité sanitaire des eaux (PGSSE). Dans ce contexte, Endress+Hauser met en avant depuis le 2 novembre une gamme de platines d’analyse prêtes à poser, pensées pour surveiller la qualité de l’eau à chaque étape du réseau. L’occasion de faire le point sur ce que le PGSSE change pour l’instrumentation.
Plan de l'article
Le PGSSE, une logique de surveillance continue #
Le PGSSE découle de la directive européenne (UE) 2020/2184 sur l’eau destinée à la consommation humaine, transposée en droit français par le décret n° 2022-1720, comme le rappelle la présentation publiée sur Actu-Environnement. Comme le rappelle l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, un arrêté du 3 janvier 2023 fixe le calendrier : les PGSSE relatifs à la zone de captage doivent être élaborés et adoptés avant le 12 juillet 2027, ceux relatifs à la production et à la distribution avant le 12 janvier 2029.
Le changement de philosophie est net. On ne se contente plus de contrôler l’eau en bout de chaîne : il faut identifier les dangers sur tout le parcours, hiérarchiser les risques, définir des mesures de maîtrise et vérifier en continu qu’elles fonctionnent. Pour un exploitant, cela se traduit très concrètement par davantage de points de mesure, souvent dans des endroits isolés, et par la nécessité de remonter les données vers la supervision.
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Ce que propose Endress+Hauser #
La présentation, publiée sous forme de publireportage sur Actu-Environnement, décrit des platines livrées assemblées, câblées et testées. Elles associent des capteurs numériques Memosens précalibrés à un transmetteur multiparamètre Liquiline. La version compacte CDP20 regroupe jusqu’à quatre capteurs dans une seule chambre de mesure, avec un circuit d’écoulement conçu pour limiter la consommation d’eau d’échantillon.
Des paramètres adaptés à chaque étape
Le fabricant découpe le réseau en quatre zones, chacune avec ses grandeurs à suivre :
Au captage, la platine surveille le pH, la conductivité, la turbidité, les nitrates et la matière organique, c’est-à-dire les indicateurs d’une pollution diffuse ou d’un épisode de ruissellement. En production, l’accent passe sur le pH, le chlore et le dioxyde de chlore, pour piloter la désinfection. Au stockage, pH, conductivité et chlore permettent de vérifier que l’eau ne se dégrade pas dans les réservoirs. En distribution, on retrouve pH, conductivité, chlore, turbidité et matière organique, pour détecter une intrusion ou une stagnation dans le réseau.
Selon la présentation, les platines standard pour le pH, la conductivité, le chlore et la turbidité sont disponibles rapidement, tandis que les autres combinaisons demandent une configuration sur mesure.
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Installation sur site isolé
C’est souvent là que le bât blesse : un captage ou un réservoir n’a pas toujours d’alimentation électrique ni de liaison filaire. Endress+Hauser propose une armoire de protection en option et une alimentation autonome par panneaux solaires ou par turbine hydraulique. Les mesures peuvent être transmises par signal analogique, bus de terrain, GSM ou via le module Liquiline Edge vers les systèmes de supervision.
Les points à examiner avant d’équiper son réseau #
Une platine prête à l’emploi réduit le temps d’ingénierie et de mise en service, mais elle ne dispense pas de l’étape la plus importante du PGSSE : l’analyse de risques. C’est elle qui doit dire où placer les points de mesure, quels paramètres suivre et quels seuils d’alerte retenir. Installer des capteurs partout sans cette réflexion revient à produire des données que personne n’exploite.
La maintenance mérite aussi d’être anticipée. Les capteurs de chlore, de turbidité ou de matière organique demandent un entretien régulier, et un point de mesure isolé coûte cher en déplacements. Le choix de capteurs précalibrés, que l’on peut étalonner en atelier puis échanger sur site, est l’un des arguments mis en avant par le fabricant. D’autres constructeurs proposent des approches comparables, et la comparaison doit porter autant sur le coût de possession que sur le prix d’achat.
Enfin, la question de la donnée est centrale. Les mesures remontées doivent pouvoir alimenter la vérification des mesures de maîtrise exigée par le PGSSE, ce qui suppose une supervision capable de les historiser et de déclencher des alarmes. La compatibilité avec l’existant, qu’il s’agisse d’automates, de télégestion ou de plateformes cloud, est donc un critère de choix aussi important que la précision des capteurs.
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Un calendrier serré pour les collectivités #
Avec moins de deux ans avant la première échéance, de nombreux syndicats et régies sont encore en phase d’étude. Les ARS accompagnent la démarche, et l’instrumentation en ligne n’en est qu’une brique. Mais c’est souvent la plus visible, et celle dont les délais d’achat et d’installation peuvent peser sur le calendrier. Les exploitants qui ont déjà identifié leurs points critiques ont tout intérêt à lancer leurs consultations dès maintenant.




