À un peu plus de cinq semaines de son ouverture, le salon SPS de Nuremberg précise son programme. L’édition 2026 se tiendra du 24 au 26 novembre et réunira, selon l’organisateur Mesago Messe Frankfurt, plus de 1 000 exposants de l’automatisation industrielle. Deux fils rouges dominent déjà la préparation de l’événement : l’intelligence artificielle appliquée aux installations de production et la mise en conformité avec le règlement européen sur la cyber-résilience.
Plan de l'article
L’IA industrielle, tête d’affiche de l’édition 2026 #
Le site officiel du salon consacre désormais une section entière à l’IA industrielle, signe que le sujet a quitté le stade de la curiosité pour devenir un critère de visite. Les organisateurs programment d’ailleurs un « SPS Technology Talk » dédié à l’IA dans les installations industrielles le 22 octobre, un rendez-vous en ligne pensé comme une mise en bouche avant le salon.
Concrètement, les cas d’usage mis en avant ne relèvent plus de la démonstration de laboratoire. Il s’agit d’assistants qui aident à paramétrer un variateur, de modèles qui détectent une dérive de process avant l’alarme, ou d’outils qui génèrent une première version de code automate à partir d’une description fonctionnelle. Pour les équipes de maintenance et les automaticiens, l’enjeu de cette édition sera de distinguer ce qui fonctionne réellement en atelier de ce qui reste un argument de plaquette.
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Siemens jouera la carte du pilotage par logiciel
Parmi les grands noms attendus, Siemens annonce sur sa page dédiée au salon un stand dans le hall 11, centré sur des systèmes d’automatisation pilotés par le logiciel et enrichis d’IA. Le discours du groupe s’inscrit dans un mouvement de fond du secteur : déplacer la valeur de l’armoire électrique vers la couche logicielle, pour rendre les lignes plus reconfigurables sans tout recâbler.
Cyber-résilience : l’échéance qui concentre les questions #
L’autre dossier chaud de cette édition est réglementaire. Le Cyber Resilience Act européen impose progressivement aux fabricants de produits connectés — ce qui inclut une grande partie des automates, IHM et passerelles présentes dans les ateliers — des exigences de sécurité dès la conception et un suivi des vulnérabilités dans la durée. Le salon a ouvert une rubrique dédiée au CRA pour aider exposants et visiteurs à s’y retrouver.
Pour les industriels français, la question n’est plus de savoir si le règlement s’appliquera à leur parc, mais comment leurs fournisseurs comptent assurer les mises à jour de sécurité sur des équipements dont la durée de vie dépasse souvent quinze ans. Les allées de Nuremberg seront un bon endroit pour poser la question frontalement, documentation technique à l’appui.
Préparer sa visite : ce qui change cette année #
Le salon conserve son format de trois jours en semaine, du mardi au jeudi. La billetterie à tarif réduit s’est refermée à la mi-octobre, mais l’inscription en ligne reste ouverte. Comme chaque année, la manifestation s’étend sur l’ensemble du parc des expositions de Nuremberg, et le plan des halls publié par l’organisateur permet de bâtir un parcours par thématique plutôt que de subir la géographie du site.
Trois questions à poser aux exposants
Première question : sur les solutions estampillées IA, quelles données d’atelier le système exige-t-il réellement, et où sont-elles traitées ? La réponse départage vite un produit mûr d’un prototype. Deuxième question : comment la feuille de route du fournisseur intègre-t-elle le Cyber Resilience Act, et jusqu’à quelle date les correctifs de sécurité sont-ils garantis sur la gamme exposée ? Troisième question : quelle compatibilité avec l’existant — protocoles, versions d’automates, outils d’ingénierie déjà en place — pour éviter l’effet « îlot neuf au milieu d’un parc ancien » ?
Ces trois points structurent la plupart des arbitrages d’investissement du moment. Un salon comme SPS reste l’un des rares endroits où l’on peut confronter en deux jours les réponses d’une dizaine de fournisseurs sur exactement le même cahier des charges.
Ce que cette édition dit du secteur #
Le déplacement du centre de gravité vers le logiciel, visible dans la communication de l’organisateur comme dans celle des exposants, traduit une réalité économique : la croissance du secteur de l’automatisation se joue de moins en moins sur le matériel seul. Les fabricants cherchent des revenus récurrents — abonnements, services connectés, maintenance prédictive — et les clients industriels cherchent, eux, de la flexibilité pour absorber des séries plus courtes et des changements de production plus fréquents.
Entre ces deux attentes, le point de friction reste le même qu’en 2025 : la confiance. Confiance dans la sécurité des équipements connectés, que le CRA vient encadrer, et confiance dans des algorithmes dont les décisions doivent rester explicables pour l’opérateur. L’édition 2026 de SPS se jugera sur sa capacité à apporter des réponses concrètes à ces deux chantiers, au-delà des démonstrateurs spectaculaires.
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