Dassault Systèmes et Vertiv étendent leur collaboration pour simuler les infrastructures des « usines d’IA » avant leur construction : alimentation électrique et refroidissement sont assemblés en jumeau virtuel, configurés et validés en amont, pour raccourcir le délai entre la conception et la mise en production des capacités de calcul. L’accord, annoncé le 22 octobre, vise en particulier les AI factories construites sur les designs de référence Nvidia DSX.
Plan de l'article
Valider l’usine avant de la construire #
Le principe est celui du jumeau virtuel appliqué à une catégorie d’installations toute récente : les « AI factories », ces centres de calcul géants dédiés à l’intelligence artificielle. Les composants d’alimentation électrique et de refroidissement sont intégrés dans un modèle numérique qui permet de comparer des configurations, d’évaluer l’effet d’une modification et de vérifier les performances de l’ensemble avant le premier coup de pelle, détaille Mesures.
La collaboration était initialement centrée sur SmartRun, le jumeau virtuel configurable de Vertiv. Elle s’étend désormais à l’ensemble des solutions d’infrastructure du groupe américain, dont OneCore, son offre de centre de données préfabriqué.
Des systèmes « parmi les plus complexes jamais construits » #
Chez Dassault Systèmes, Elisa Prisner, directrice générale adjointe en charge de la stratégie et des industries, situe l’enjeu : les AI factories « figurent parmi les systèmes d’ingénierie les plus complexes jamais construits ». Une complexité qui exige, selon elle, une approche systémique, modélisée et simulée en jumeau virtuel avant la construction.
Le discours n’est pas que commercial : ces installations concentrent des puissances électriques et des besoins de refroidissement inédits, avec des interactions fortes entre lots techniques. Une erreur de dimensionnement découverte sur le chantier se paie en mois de retard, au moment où chaque mégawatt de capacité IA est compté.
Nvidia DSX comme cible commune #
Selon le communiqué publié le 22 octobre, les designs s’appuient sur la référence Nvidia Vera Rubin DSX et sur le blueprint Nvidia Omniverse DSX. Vertiv y apporte ses architectures pré-étudiées d’alimentation et de refroidissement ; Dassault Systèmes, l’ingénierie système, la simulation et le jumeau virtuel via 3DEXPERIENCE.
À lire Air Liquide augmente de moitié sa production d’azote près de Saint-Nazaire
L’objectif affiché : raccourcir le chemin entre le lancement de la conception et la capacité de calcul productive, et réduire la complexité sur le terrain. Aucun gain chiffré n’est avancé à ce stade, et le communiqué ne fixe pas de jalons de déploiement.
Le jumeau virtuel sort du produit pour englober l’installation #
Pour les ingénieurs d’études, l’annonce illustre un glissement en cours : le jumeau numérique ne modélise plus seulement une machine ou une ligne, mais l’installation complète avec ses utilités — distribution électrique, refroidissement liquide, supervision. La logique est celle de l’ingénierie système appliquée au bâtiment industriel : standardiser des blocs pré-validés, puis configurer plutôt que reconcevoir.
C’est aussi une manière, pour les deux partenaires, de transformer un savoir-faire d’intégration en bibliothèques réutilisables : des infrastructures standardisées, livrées sous forme de jumeaux virtuels configurables.
Ce qu’il faut suivre #
Trois points restent ouverts. La disponibilité concrète de ces jumeaux configurables pour les bureaux d’études, d’abord : le calendrier n’est pas communiqué. La portée réelle de la validation, ensuite : un modèle n’élimine pas les aléas de chantier, il réduit les erreurs de conception. Enfin, la transposition de la démarche au-delà des AI factories — les mêmes méthodes s’appliqueraient naturellement aux utilités de n’importe quelle usine de process fortement électrifiée.
À lire Servomoteur industriel : role, choix et dimensionnement
Questions fréquentes #
Qu’est-ce qu’une « AI factory » ?
Un centre de calcul dédié à l’intelligence artificielle, conçu comme une usine : des blocs standardisés de serveurs, d’alimentation électrique et de refroidissement, assemblés pour produire de la capacité de calcul. Les designs de référence Nvidia DSX en définissent l’architecture type.
Que simule concrètement le jumeau virtuel ?
L’infrastructure physique de l’installation : distribution électrique et refroidissement, intégrés dans un modèle unique sur la plateforme 3DEXPERIENCE. On y compare des configurations et on vérifie les performances du système complet avant la construction.
Des gains chiffrés sont-ils annoncés ?
Non. Dassault Systèmes et Vertiv évoquent une réduction des délais de déploiement et de la complexité sur site, sans publier de chiffres à ce stade.
À lire Comment Obera révolutionne la qualité de l’air et le confort thermique en entreprise




