Le contrôle non destructif change de propriétaire. Début novembre 2026, le groupe suédois Hexagon a finalisé le rachat de Waygate Technologies, l’activité d’inspection industrielle cédée par Baker Hughes. Pour les responsables qualité, méthodes et maintenance des sites de production, l’opération dessine un acteur capable de couvrir à la fois la mesure dimensionnelle d’une pièce et l’inspection de ce qui se passe à l’intérieur.
Plan de l'article
Une cession d’environ 1,45 milliard de dollars #
Baker Hughes a annoncé le lundi 2 novembre avoir achevé la vente de Waygate Technologies à Hexagon. Selon EnergyNews, qui reprend le communiqué du vendeur, la transaction est entièrement réglée en numéraire et valorisée à environ 1,45 milliard de dollars, avant les ajustements de clôture habituels.
Le périmètre cédé couvre les portefeuilles d’inspection visuelle à distance, d’ultrasons, de radiographie et d’imagerie, ainsi que l’ensemble des actifs de l’activité, propriété intellectuelle comprise. Baker Hughes présente l’opération comme un recentrage de son portefeuille. Le communiqué ne détaille en revanche ni le chiffre d’affaires ni la rentabilité de Waygate.
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Ce que Waygate apporte à Hexagon #
D’après Metrology News, Waygate rejoint la division Manufacturing Intelligence d’Hexagon, celle qui regroupe les machines à mesurer tridimensionnelles, les bras et appareils de mesure portables, les scanners et les logiciels de métrologie.
Waygate, de son côté, travaille sur quatre familles de techniques de contrôle non destructif :
La tomographie industrielle
Le scanner à rayons X reconstruit une pièce en volume. On y repère porosités, inclusions ou défauts d’assemblage sans découper l’échantillon, et l’on peut comparer la géométrie interne au modèle CAO.
La radiographie de terrain
Utilisée sur les soudures, les tuyauteries ou les équipements sous pression, elle permet de contrôler sur site des éléments impossibles à déplacer vers un laboratoire.
Les ultrasons
Le contrôle par ultrasons mesure des épaisseurs résiduelles, détecte des fissures ou des délaminations. C’est un classique des plans d’inspection d’unités de process, de réservoirs et de lignes soumises à la corrosion.
L’inspection visuelle à distance
Vidéoendoscopes et caméras robotisées vont regarder là où l’œil ne passe pas : intérieur de turbines, d’échangeurs, de conduites.
« De la surface à l’intérieur de la pièce » #
La logique industrielle est résumée par Andreas Renulf, président de Manufacturing Intelligence chez Hexagon, cité par Metrology News : le rachat « étend notre portefeuille de mesure de précision de la surface à l’intérieur d’un composant ». Jusqu’ici, la métrologie dimensionnelle et le contrôle non destructif vivaient souvent dans deux mondes séparés, avec des équipes, des logiciels et des fournisseurs distincts.
Pour les clients existants, Michael Bellamy, directeur général de Waygate Technologies, a voulu rassurer : les projets en cours, les contrats de service et les commandes « se poursuivent sans interruption ». Les secteurs visés en commun sont l’aéronautique et l’automobile, mais aussi l’électronique, la fabrication de batteries et l’énergie.
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Ce que cela peut changer dans une usine #
Concrètement, l’intérêt pour un site de production tient à la chaîne de données. Un défaut repéré par tomographie n’a de valeur que s’il est relié à une cote, à un lot, à un paramètre de procédé. Réunir la mesure externe et l’inspection interne chez un même fournisseur ouvre la porte à des rapports de contrôle unifiés et à une boucle de retour plus courte vers les réglages de la ligne.
C’est particulièrement vrai dans les procédés où les défauts internes sont la règle plutôt que l’exception : fonderie sous pression, fabrication additive, cellules et modules de batteries, assemblages soudés. Dans ces cas, une pièce peut être parfaitement conforme en surface et présenter des porosités ou des collages imparfaits à cœur.
Les points de vigilance pour les acheteurs
Une intégration de cette taille pose aussi des questions pratiques que les services méthodes et achats auront intérêt à suivre : la continuité des contrats de maintenance et d’étalonnage des équipements installés, la compatibilité des formats de données entre logiciels, et l’évolution des gammes dans les années qui viennent. Hexagon n’a pas, à ce stade, détaillé de feuille de route produit publique pour l’ensemble combiné.
Pour les industriels de process, l’opération confirme une tendance de fond : l’inspection n’est plus une étape isolée en fin de ligne, mais une source de données qui doit dialoguer avec la métrologie, la qualité et, de plus en plus, le pilotage du procédé lui-même.
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